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Acouphène et utilisation du téléphone portable

Utiliser un téléphone portable pourrait considérablement augmenter le risque d’acouphène.
Chanteurs et musiciens devraient par précaution limiter non pas l’utilisation du téléphone portable mais son utilisation directe au niveau de l’oreille.
Une étude récente vient d’être menée sur le risque lié à l’utilisation régulière du téléphone portable et la présence d’acouphènes. Selon le travail publié sur le journal anglais Occupational and Environmental Medicine, l’utilisation régulière du téléphone portable pendant au moins 4 ans pourrait doubler le risque d’acouphène chez les utilisateurs. Hans-Peter Hutter indique que la prévalence des acouphènes ces dix dernières années a particulièrement augmenté et elle est actuellement de 10 à 15 % dans les pays industrialisés. Certes, cette augmentation peut être en relation avec une meilleure connaissance et un meilleur dépistage du trouble, mais elle peut être également en relation avec des facteurs environnementaux.
Ce travail reposait sur une étude cas-témoins. L’équipe de Hans-Petter Hutter et ses collaborateurs ont recruté 100 patients souffrant d’acouphènes depuis plus de 3 mois et les ont comparés à une population de 100 personnes (sujets contrôles), sans acouphènes, appariés cas par cas selon le sexe, l’âge et le même groupe ethnique.
Les personnes présentant certains troubles ont été exclues de l’enquête :
une maladie de l’oreille,
un trouble hypertensif,
un trouble auditif lié au bruit,
des maladies psychiatriques, ayant subi une chirurgie de l’oreille moyenne,
ainsi que celles qui ont reçu des médicaments qui pourraient entraîner des acouphènes.
Chaque sujet a été exploré sur le plan ORL, avec des tests auditifs (audiométrie, réflexe stapédien) et a été questionné sur ses antécédents médicaux. Une estimation subjective de leurs acouphènes a été faite ; on leur a également demandé de désigner par une analyse comparative sonore le son (bruit) qui se rapproche le plus de l’acouphène ressenti. Un questionnaire a été établi afin de mesurer les habitudes d’utilisation du téléphone portable par chacune des personnes. La durée des appels, l’oreille avec laquelle ils téléphonaient préférentiellement, le niveau socio-économique, la zone préférentielle des appels (car en général en zone rurale l’intensité des portables est plus importante).
Les chercheurs ont constaté qu’au moment où a été réalisée leur étude, presque tous les participants avaient un téléphone portable (cas acouphéniques : 92 %, témoins non acouphéniques : 93 %). Cependant, au moment de la première occurrence de l’acouphène chez les sujets acouphéniques, 84 % des cas utilisaient un téléphone portable, contre 78 % des témoins correspondants. La plupart des acouphènes étaient unilatéraux ; 29 % des patients rapportaient également des vertiges.
Un risque d’acouphènes accru pour les utilisateurs de portable
L’analyse des résultats montre que les patients qui avaient commencé à utiliser un portable avant le début des acouphènes avaient un risque majoré de 37 % d’avoir ce type de troubles. Ceux qui utilisaient leur portable pendant plus de 10 minutes par jour avaient un risque majoré de 71 %. Enfin, les patients qui utilisaient un téléphone portable depuis quatre ans ou plus avaient un risque doublé d’acouphènes.
Pour ces auteurs, cette relation positive entre l’utilisation de téléphone portable et la présence d’acouphène pourrait être en relation avec le fait que la cochlée et les voies auditives absorbent une quantité considérable d’énergie émise par le portable.
Les auteurs estiment qu’« en tenant compte de tous les biais potentiels et des éléments confondants, il est improbable que l’augmentation du risque d’acouphènes constatée dans cette étude après usage prolongé du portable soit fausse ».
Une analyse critique du NHS anglais
Pour autant une analyse critique de NHS (National Health Service, anglais) met en évidence néanmoins les lacunes de cette étude et ses biais : la taille de l’effectif, la faiblesse de la corrélation, et le fait que la corrélation ne permet pas de donner des arguments causaux suffisamment fiables. Il reste que le principe de précaution devrait éventuellement prescrire de limiter les entretiens téléphoniques chez les chanteurs et musiciens, ou d’utiliser une oreillette. Poursuivre les études dans ce domaine paraît également indispensable, avec un échantillon bien plus important et des critères plus larges également.
mots clés = acouphène, téléphone portable, chanteur, musicien
Rédacteur Docteur Arcier André, Président fondateur de Médecine des arts®
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