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10 recommandations concernant piercing et tatouage (Artiste)


10 recommandations concernant piercing et tatouage (Artiste)

Les artistes sont nombreux à arborer des tatouages et des piercings. Ces usages comportent des risques pour la santé quand toutes les conditions d’hygiène ne sont pas remplies, mais aussi lorsque le sujet lui-même présente certaines particularités (terrain atopique par exemple) sur le plan de sa santé. L’Académie a émis des recommandations concernant cette pratique.

"L’Académie nationale de médecine, considérant que ces gestes, réalisés sans aucun contrôle médical, constituent de véritables agressions corporelles avec effraction cutanée ou muqueuse et insertion éventuelle de corps étranger, estime indispensable que des conditions de sécurité identiques à celles d’un acte médico-chirurgical y soient assurées, spécialement pour certaines localisations (zone cartilagineuse de l’oreille, nez, bouche et langue, mamelon, organes génitaux…). A cet impératif pourrait toutefois échapper le simple percement du lobe de l’oreille sous couvert d’une désinfection préalable correcte et des indispensables mesures d’asepsie.

A défaut de pouvoir imposer aux tatoueurs et perceurs ainsi qu’à leurs clients de souscrire des contrats d’assurance spécifiques qui éviteraient que l’indemnisation d’éventuels dommages résultant de ces pratiques ne vienne grever le budget de l’assurance maladie, il est nécessaire de mieux informer les artistes sur les risques.

Les recommandations de l’Académie nationale de Médecine

Il est indispensable que soit faite une très large information de la population sur les risques des tatouages et perçages, en particulier auprès des adolescents, notamment dans les établissements d’enseignement, par documents écrits ou conseils oraux, cette information comprenant aussi les possibilités de séquelles esthétiques résultant de tentatives d’élimination de tatouages.

Une autorisation parentale écrite est indispensable pour les mineurs. Doivent être formellement déconseillés : avant l’âge de dix-huit ans, tout tatouage et tout perçage de la langue, des mamelons et des régions génitales et, en dessous de seize ans tout perçage, à l’exception toutefois de celui du lobe de l’oreille. En ce qui concerne les perçages de la région génitale, surtout féminine, dont les conséquences peuvent être extrêmement graves, à défaut de pouvoir les interdire à l’instar du Royaume Uni, il est hautement souhaitable qu’ils soient formellement déconseillés et que soient sanctionnés ceux qui les pratiquent, soit au titre de violence ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente (art 222-9 et 222-10 du code pénal), soit au titre d’exercice illégal de la médecine si le perceur a prescrit des antibiotiques ou des anti-inflammatoires ou utilise des anesthésiques (art. 4161-1 du code de santé publique), ce qui ’est pas rare pour cette localisation.

Les studios où se pratiquent tatouages et perçages (mis à part celui du lobe de l’oreille) doivent recevoir, après une inspection adéquate, l’agrément des autorités sanitaires compétentes en ce qui concerne l’aménagement des locaux et l’équipement en matériel, ainsi que le traitement des déchets.

Les actes de tatouages et de perçage ne doivent être réalisés que par des personnes ayant subi une formation théorique et pratique - dont il serait souhaitable qu’elle soit envisagée en concertation avec les autorités concernées et les associations professionnelles - et qui connaissent les règles d’hygiène et les premiers gestes d’urgence.

Le futur client doit recevoir une fiche d’information standardisée, établie par les autorités sanitaires, détaillant les divers risques que comporte le geste projeté : infection immédiate ou secondaire, superficielle ou profonde, cicatrices chéloïdiennes, réactions allergiques locales ou à distance et parfois retardées, retards de cicatrisation, hépatite virale… Il doit donner un consentement éclairé établi après un délai de réflexion d’au moins quinze jours, sous forme d’un document écrit signé par lui ou, s’il est mineur, par ses parents.

Au futur client doit être conseillé de s’assurer auprès de son médecin de son absence d’antécédents d’allergie et de contre-indication à l’acte prévu. Il doit aussi lui être remis un exposé des recommandations pour la pratique des tatouages et perçages (du genre du Guide des bonnes pratiques du piercing) lui permettant d’apprécier la fréquence et la gravité des complications éventuelles, avec des fiches techniques communes aux deux pratiques (utilisation d’instruments à usage unique ou prédésinfection des instruments réutilisables…), ainsi que des fiches spécifiques "perçage" et "tatouage". La recommandation de consulter un médecin en cas de complication doit lui être précisée. Une vaccination contre l’hépatite B est au moins fortement souhaitable.

Les produits de tatouage utilisés doivent répondre strictement aux règles définies par le code de santé publique.

Pour le perçage, la réglementation européenne concernant la nature du matériel utilisé et inséré doit être strictement respectée, notamment l’interdiction d’employer des tiges de perrçage contenant du nickel.

La responsabilité juridique, civile et pénale, des personnes exerçants ces pratiques, qui sont actuellement considérées comme des artisans ou commerçants doit être engagée.

Les autorités sanitaires doivent être informées de l’existence des lieux où se pratiquent tatouages et perçages, et être chargées d’organiser la mise en place de ces mesures, ainsi que de veiller à leur application, ceci grâce à des contrôles réguliers destinés à vérifier la stricte application de ces bonnes pratiques et la conformité des installations et du matériel, avec possibilité de sanctions en cas de non respect des règles ci-dessus énoncées. Le don de sang doit être interdit au cours de l’année suivant un tatouage ou un perçage.


Ces recommandations ont été édictées par l’Académie nationale de médecine, sous la forme de 11 recommandations, la dernière à été incluse par le rédacteur dans la recommandation 10.
Ce texte est paru dans le bulletin de l’Académie en 2007, tome 191, décembre, N°9.


rédacteur : Docteur Arcier André, mise à jour septembre 2008.


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