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Direction


terme de musique

Dictionnaire de musique, Michel Brenet, 1936.

Nom féminin

  • 1. Action de conduire, de diriger. La Direction de l’orchestre est l’art de conduire une exécution musicale à laquelle participe un nombre plus ou moins grand d’instrumentistes et de chanteurs. La langue allemande, qui manque de terme propre pour qualifier cet art, le désigne par l’infinitif, pris substantivement, du verbe transitif français germanisé Dirigieren. On le nomme en anglais Conducting. (Voyez Chef d’orchestre.)
  • 2. Côté vers lequel se tourne ou progresse une chose. La Direction ascendante ou descendante des motifs, dans la composition, est un des éléments de l’expression, auquel ont recouru de bonne heure les musiciens. On en signale des exemples dès le moyen âge. On en signale des exemples dès le moyen âge, dans les mélodies grégoriennes. Les deux exemples ci-dessus sont tout à fait typiques : le sens du mot « descendit » est musicalement traduit par la descente progressive de la voix à travers toute une octave ; dans le « Factus est repente », dont le thème a plus tard été repris par des maîtres de la musique polyphonique, les intervalles ascendants peignent l’image fournie par le texte. Les contrepointistes du XVème et XVIème siècle s’en sont largement servi. Il n’était guère de messe, à cette époque, où le texte du symbole « descendit de caelis » et les allusions des motets à l’Ascension, à l’Assomption ne fussent traduits par une descente ou une montée mélodiques :

(Voyez aussi Expression.) En passant au domaine réaliste de la musique profane, cette utilisation descriptive de la direction des motifs devait tôt ou tard engendrer une quantité de formules toutes faites et de lieux communs mélodiques. Il en fut ainsi chez les compositeurs secondaires de l’opéra français au XVIIIème siècle. Mais en tout temps les maîtres ont su en tirer de beaux effets dramatiques. Il est curieux de comparer ces passages de Roland, de Lulli (1685) :

Le point d’orgue qui termine chaque membre de phrase dans le choral protestant est un souvenir du léger ralentissement et du repos que les chanteurs observaient à la fin de chaque distinction, dans le chant grégorien.

  • 2. Direction de l’octave. Les théoriciens de la Renaissance distinguent, dans la constitution de la gamme diatonique, la Direction harmonique, où la quinte précède la quarte, et qui produit les modes authentes, ou impairs, ayant pour finale la note la plus grave, et la Direction arithmétique, où la quarte précède la quinte et qui donne naissance aux modes plagaux ; soit ut-sol-ut, et ut-fa-sol : (Voyez Mode).
  • 3. Dans l’ancienne terminologie musicale française et dans la langue anglaise, diminution ou variation d’un thème au moyen de passages de moindre valeur. L’ouvrage de Christopher Simpson, The Division Violist (1659), est un traité du jeu de la viole et de la manière d’exécuter des variations sur un thème donné.

Réalisation : Octavo