>Dictionnaire de musique, Jean-Jacques Rousseau, 1767
s.m.
Partie d’un opéra séparée d’une autre dans la représentation par un espace appelé entr’acte. (Voyez Entr’acte.)
L’unité de temps et de lieu doit être aussi rigoureusement observée dans un acte d’opéra que dans une tragédie entière du genre ordinaire, et même plus à certains égards ; car le poète ne doit point donner à un acte d’opéra une durée hypothétique plus longue que celle qu’il a réellement, parce qu’on ne peut supposer que ce qui se passe sous nos yeux dure plus longtemps que nous ne le voyons durer en effet ; mais il dépend du musicien de précipiter ou ralentir l’action jusqu’à un certain point, pour augmenter la vraisemblance ou l’intérêt ; liberté qui l’oblige à bien étudier la gradation des passions théâtrales, le temps qu’il faut pour les développer, celui ou le progrès est au plus haut point, et celui ou il convient de s’arrêter pour prévenir l’inattention, la langueur, l’épuisement du spectateur. Il n’est pas non plus permis de changer de décoration et de faire sauter le théâtre d’un lien à un autre au milieu d’un acte, même dans le genre merveilleux, parce qu’un pareil saut choque la raison, la vérité, la vraisemblance, et détruit l’illusion, que la première loi du théâtre est de favoriser en tout. Quand donc l’action est interrompue par de tels changements, le musicien ne peut savoir ni comment il les doit marquer, ni ce qu’il doit faire de son orchestre pendant qu’ils durent, à moins d’y représenter le même chaos qui règne alors sur la scène.
Quelquefois le premier acte d’un opéra ne tient point à l’action principale et ne lui sert que d’introduction : alors il s’appelle prologue. (Voyez ce mot). Comme le prologue ne fait pas partie de la pièce, on ne le compte point dans le nombre des actes qu’elle contient et qui est souvent de cinq dans les opéras français, mais toujours de trois dans les italiens. (Voyez Opéra.)
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